Bonjour,
Je suis licenciée pour fin avril et dois retrouver, à 58 ans, du travail dès que possible.
La question se pose: que faire avec mon 2è pilier pendant la période de recherche de travail?
Après consultations avec banques (qui me conseillent de le bloquer sur un compte libre passage à 1.5% ce qui est peu, mais sûr) j'entends également qu'il existe des possibilités de faire travailler l'argent autrement et mieux, par ex. moitié bloquée, et l'autre moitié travaillerait à un taux bien supérieur que 1.5%? Je réitère que la priorité est de retrouver un travail pour replacer mon 2è pilier ENTIER avec la nouvelle société, donc il doit rester disponible rapidement....
Quelle est votre recommandation?
Est-ce que le nouvel employeur est obligé d'accepter mon capital ?
Merci de votre réponse.
U. E-S.
Licenciée pour le 30 avril, vous êtes, jusqu'à cette date, employée par votre entreprise et, donc, assurée par son institution de prévoyance. Pendant le mois qui suivra la rupture des rapports de travail, vous resterez assurée par cette même caisse de pension pour les risques d'invalidité et de décès.
Si vous retrouvez un emploi pour le 1er mai, votre caisse de pension actuelle a l'obligation de verser le montant intégral de votre prestation de libre passage à l'institution de prévoyance de votre nouvel employeur. C'est vous qui devrez indiquer à votre ancien employeur les coordonnées de votre nouvelle caisse de pension. Ces deux institutions de prévoyance seront légalement responsables de vérifier que votre prestation de sortie a bien été transférée de l'une à l'autre.
La nouvelle caisse de pension est tenue d'accepter le montant correspondant à l'avoir de vieillesse que vous auriez accumulé - à votre âge - selon son plan de prévoyance. Si la somme dont vous disposez est plus importante, vous pouvez placer le solde de la même manière qu'un libre passage pendant une période de transition professionnelle.
En cas de chômage, après le délai d'un mois pendant lequel vous serez encore couverte pour l'invalidité et le décès par la caisse de pension de votre ancien employeur; vous serez assurée pour ces mêmes risques auprès de l'Institution supplétive, en tant que demandeuse d'emploi indemnisée par l'assurance chômage.
En revanche, il vous appartiendra de choisir sous quelle forme vous allez maintenir votre prévoyance vieillesse; et d'en informer la caisse de pension de votre actuel employeur pour qu'elle puisse transférer votre libre passage.
Vous pouvez opter pour un compte de libre passage ouvert auprès d'une banque, effectivement faiblement rémunéré. Si une banque vous propose du 1,5%, prenez le temps de consulter les offres de plusieurs établissements bancaires pour voir si vous ne pouvez pas obtenir plus…
Un dépôt bancaire, géré selon les règles de placement de la prévoyance professionnelle – avec, par exemple, un maximum de 50% d'actions – vous permettrait d'obtenir un meilleur rendement sur le long terme; mais avec le risque de perdre de l'argent à court terme en cas de chute des marchés boursiers.
Vous avez également la possibilité de conclure une police de libre passage auprès d'une compagnie d'assurance active dans le deuxième pilier. Dans ce cadre, vous pouvez négocier le versement d'un capital décès d'un montant supérieur à l'argent disponible sur cette police au moment du décès; ainsi qu'une rente en cas d'invalidité. Tout ceci a évidemment un coût… Toutefois, une police de libre passage étant généralement rémunérée au taux technique garanti par l'assureur – supérieur à 1,5% - elle est souvent plus intéressante qu'un compte.
Votre priorité étant de retrouver rapidement un emploi et de verser à la caisse de pension de votre nouvel employeur l'entier de votre libre passage, optez pour la solution qui préserve le mieux votre capital à court terme et vous garantit de pouvoir transférer votre argent à tout moment.
Compte tenu de votre âge – 58 ans – il est également important de garder à l'esprit que vous pouvez retirer l'entier de votre capital deuxième pilier cinq ans avant l'âge terme de l'AVS; soit, actuellement, à 59 ans pour une femme.
Le retrait en capital du deuxième pilier est frappé d'un impôt, plus ou moins lourd selon les cantons. Cet impôt étant progressif, si votre avoir de vieillesse est important vous avez intérêt à placer cet argent sur plusieurs comptes ou polices pour pouvoir effectuer – le moment venu - des retraits échelonnés sur plusieurs années; et diminuer ainsi votre charge fiscale.


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